rehabiliationLe Maire actuel de Trappes ne manque pas une occasion de rappeler que la ville a changé en dix ans. C’est vrai. La rénovation urbaine est passée par là, dûment financée par l’Etat, sous la présidence de Jacques Chirac notamment, avec son lot de démolitions, de nouvelles constructions, et de réaménagements. Mais les grands gagnants de cette rénovation urbaine ne sont pas trappistes : ce sont les bailleurs et les promoteurs immobiliers qui semblent en avoir le plus profité. Tandis que les premiers font leur trésorerie sur le dos des locataires, sans que la municipalité ne cherche à les mettre face à leurs responsabilités, les seconds ont bâclé la construction des logements neufs, lesquels, bourrés de malfaçons, se dégradent pour certains à grande vitesse.

Est-ce cela la rénovation urbaine annoncée en grande pompe ? Il ne s’agit pas tant de critiquer ce qui a été fait que de décider de ce qu’il convient de faire pour l’avenir, à l’heure où les crédits alloués à la rénovation urbaine s’épuisent.

Je crois pour ma part qu’on a sacrifié le qualitatif pour le quantitatif, l’essentiel pour le cosmétique. En quelques mots : on a sacrifié l’humain pour la pierre. Je ne suis pas favorable à une urbanisation à outrance de la ville, qui aggravera notamment les problèmes de circulation. Trappes a-t-elle vocation à être une ville de 50 000 habitants ? Je n’en vois pas bien l’intérêt.

Ce qui est essentiel pour moi , c’est le cadre de vie et le bien-être de ceux qui habitent déjà à Trappes :

– Assurons-nous que les trappistes vivent dans des conditions décentes au juste prix ;

– Garantissons la tranquillité de chaque trappiste et l’efficacité du service public qui lui est rendu ;

– Améliorons les conditions de scolarisation, de garderie et de cadre de vie, notamment en soutenant la diversité des commerces et des lieux de loisir.

Et alors on pourra peut-être dire que la ville a changé.

Othman Nasrou