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Le Maire Guy Malandain, en colère, refuse notre proposition de résolution sur le logement social

Catégories : Actualités,Conseil Municipal

hoteldeville-min Au conseil municipal lundi soir (30 juin), par la voix de notre élu Stéphane Dumouchy, le groupe municipal d’opposition « Trappes Citoyens » a fait une déclaration qui propose une résolution visant à améliorer la transparence dans le calcul des charges locatives du parc social de Trappes. Cette déclaration faisait notamment écho au centenaire de la mort de Jean Jaurès. 

Le Maire Guy Malandain a malheureusement refusé cette proposition et a préféré s’emporter en partant dans une vive colère plutôt que de répondre sur le fond. L’explication apportée ensuite par Jeanine Mary indiquant que la municipalité n’est pas compétente sur le sujet n’est évidemment qu’une astuce : nous avions proposé une résolution et non une délibération.

Voici le texte de la déclaration en question :

Conseil municipal du 30 juin 2014 :

Déclaration de Trappes Citoyens

Il faut, Monsieur le maire, Mesdames, Messieurs et collègues, Mesdames, Messieurs et concitoyens, pour se convaincre de la nécessaire célébration des figures tutélaires de la République, citer Raymond Aron en 1939, réfléchissant à l’avenir des démocraties : « Les Français sont des héritiers, mais, pour sauver un héritage, il faut être capable de le conquérir à nouveau ».

Jean Jaurès, assassiné par un militant d’extrême droite au soir du 31 juillet 1914, honore cet héritage des plus hautes vertus civiques. De ses innombrables écrits nous rapportons cet extrait d’un article donné à la Dépêche de Toulouse en 1893 : «  D’innombrables familles pauvres, d’ouvriers, d’employés, de petits bourgeois, de négociant modestes, [sont] condamnées à payer indéfiniment des loyers sur un salaire infime. […] Ces terribles échéances, […] sont pour [ces] ménages une sorte de crise trimestrielle et comme une périodicité de désespoir […]. »

Cette humanité de Jaurès a peut-être inspiré celle des rapporteurs de la loi de 1989 « tendant à améliorer les rapports locatifs », Messieurs Guy Malandain et Louis Mermaz ; elle nous inspire aujourd’hui une proposition de résolution qu’avec mes condisciples de Trappes Citoyens et sa tête, Monsieur Othman Nasrou,  je souhaite voir inscrite à l’ordre du jour de la prochaine séance du Conseil municipal de Trappes.

Voici cette proposition : « le Conseil municipal, convaincu que le droit au logement est un droit fondamental et conscient que ce droit ne saurait-être entravé, soit par la défaillance des locataires devant la complexité de la législation, soit par les abus de faiblesse des bailleurs sociaux à l’endroit de ces mêmes locataires, inscrit chaque année, à l’ordre du jour d’une ou plusieurs séances dudit Conseil, la présentation du contrôle des charges locatives réalisé sur le territoire de Trappes par les associations de locataires, au titre de l’article 23 de la  Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 modifiée par la Loi n°2014-366 du 24 mars 2014. »

Mesdames et Messieurs, notre proposition pose la question de la « clause générale des compétences » défini par le Code général des collectivités territoriales. Elle pose aussi le problème de la conquête de « l’héritage » dont parlait Raymond Aron.

Pour le « conquérir à nouveau » il vous appartient, Mesdames et Messieurs les élus de la majorité, de délibérer aussi, devant notre proposition, les mots de Jaurès contre Jules Guesde, prononcés à l’hippodrome de Lille le 26 novembre 1900 : « […] il ne suffit pas d’un mécanisme pour faire aller la mairie socialiste, […] il y faut des hommes de tête, des hommes de prudence, de pensée et de réflexion, d’équilibre et de volonté […]. » Merci.